Les autorités d’occupation ont porté leur attention vers l’emprisonnement des défenseurs des droits humains, connus internationalement, comme Jamal Juma’, Mohammad Othman, Abdallah Abu Rahmah.
Les forces de sécurité israéliennes ont d’abord convoqué Juma’ pour interrogatoire à minuit, le 15 décembre. Quelques heures plus tard, elles le ramenaient chez lui. Juma’ était menotté, les soldats ont fouillé son domicile pendant deux heures sous le regard de son épouse et de ses trois jeunes enfants, impuissants. A leur départ, les soldats s’adressèrent directement à son épouse : elle ne reverrait son mari que dans le cas d’un échange de prisonniers. Depuis lors, Juma’ est gardé prisonnier et n’a le droit de parler ni à un avocat ni à sa famille ; il n’a eu aucune explication sur son arrestation.
(JPG) Jamal, 47 ans, est né à Jérusalem et a consacré sa vie à la défense des droits humains des Palestiniens. Son activité est orientée principalement sur la responsabilisation des communautés locales pour défendre leurs droits humains face aux violations perpétrées par l’occupation. Il est membre fondateur de plusieurs ONG palestiniennes et réseaux de la société civile. Juma’ est le coordinateur de la campagne populaire palestinienne contre le mur de l’apartheid depuis 2002. Il est grandement respecté pour son travail et a été invité à intervenir de nombreuses fois auprès de la société civile et à des conférences des Nations unies. Ses articles et interviews sont largement publiés et ses écrits sont traduits en plusieurs langues. Personnalité de premier plan, Juma’ n’a jamais essayé de cacher ou déguiser ses activités.
L’arrestation de Jamal Juma’ est l’arrestation la plus remarquée d’une campagne intensifiée de répression de la mobilisation populaire contre le mur et les colonies. Auparavant, les autorités israéliennes arrêtaient seulement les militants locaux des villages touchés par le mur, mais récemment, elles ont porté leur attention vers l’emprisonnement des défenseurs des droits humains, connus internationalement, comme Mohammad Othman et Abdallah Abu Rahmah. Mohammad, autre membre de la campagne Stop the Wall, a été arrêté il y a près de trois mois, alors qu’il rentrait d’une tournée de conférences en Norvège. Après deux mois d’interrogatoire, les autorités israéliennes ont été incapables de trouver des charges contre Mohammad et elles ont édicté un ordre de détention administrative pour empêcher sa libération. Abdallah Abu Rahma, figure de proue du combat non violent contre le mur à Bil’in, a été enlevé à son domicile par des soldats masqués en pleine nuit, une semaine avant que Jamal ne soit emprisonné.
Par ces arrestations, Israël vise à affaiblir la société civile palestinienne et son influence sur les prises de décisions politiques au niveau national et international. Ce processus criminalise clairement l’activité des défenseurs palestiniens des droits humains et la désobéissance civile palestinienne.
Il est crucial que la communauté internationale combatte les tentatives israéliennes de criminalisation des défenseurs des droits humains qui se battent contre le mur. La politique israélienne de ciblage des organisateurs qui appellent à dénoncer la responsabilité d’Israël est un défi direct aux gouvernements et institutions mondiales, telles que la Cour internationale de Justice (CIJ) qui doivent prendre des décisions tenant Israël pour responsable de ses violations du droit internationale. Ce défi ne doit pas connaître d’échec.




