2026 : une dernière rentrée scolaire inéquitable ?

Les 5 et 6 juin derniers, plus de 300 personnes se réunissaient lors d’un Grand rendez-vous citoyen sur l’éducation, pour réclamer que des changements importants et structurants soient apportés au système d’éducation québécois.

Organisé par Debout pour l’école, ce Grand rendez-vous citoyen sur l’éducation a connu un énorme succès. Il rassemblait des représentantes et des représentants syndicaux et communautaires, des enseignantes et des enseignants, des personnels professionnels et de soutien, des directions scolaires, des parents, des jeunes, mais aussi des citoyennes et citoyens qui, toutes et tous, s’inquiètent de l’état actuel du système d’éducation québécois et réclament pour son avenir un important coup de barre.

UNE MOBILISATION INÉDITE POUR RÉNOVER NOTRE SYSTÈME D’ÉDUCATION

Cet évènement était le point culminant d’une démarche longue de plusieurs années de consultations, de réflexions et de débats sur l’école québécoise, rejoignant des milliers de citoyennes et de citoyens et de nombreuses organisations impliquées de près ou de loin en éducation.

Au cœur des échanges : le livre blanc Pour une nouvelle « révolution tranquille » en éducation, paru au printemps 2026. Ce document présente, entre autres idées, quatre revendications qui ont été appuyées par plus d’une cinquantaine d’organismes et plus d’une centaine de personnalités québécoises (les listes se retrouvent sur le site de Debout pour l’école) :

  • Éradiquer l’école à trois vitesses et mettre en place un réseau scolaire commun, où toutes les écoles, publiques comme privées, seront non sélectives et gratuites, pour assurer à tous les élèves les mêmes conditions d’apprentissage de qualité;
  • Améliorer la démocratie scolaire, parce que l’école doit être un projet social en continu, ce qui suppose un accès citoyen réel à la vie scolaire;
  • Réinvestir massivement dans l’école québécoise, pour répondre adéquatement aux besoins pressants du système scolaire, notamment le soutien aux élèves à besoins particuliers, l’embauche de personnels, l’entretien et la réfection des infrastructures;
  • Organiser au Québec des États généraux sur l’éducation.

VIVEMENT DES ÉTATS GÉNÉRAUX

L’école moderne œuvre dans un environnement nouveau. Il faut prendre le temps de mener une réflexion approfondie sur le rôle fondamental que joue l’école dans la société, sur ce qu’on attend d’elle et sur les moyens qu’on lui consent pour y arriver.

On n’a qu’à penser à la place que pourrait y occuper l’écocitoyenneté, à la socialisation, devenue de plus en plus complexe dans une société qui crée chez les jeunes détresse et isolement, au partage des responsabilités éducatives, avec, par exemple, des services de garde scolaires qui représentent un grand potentiel pour la socialisation et le développement global de l’enfant. Pensons aussi au rôle du milieu communautaire, qui doit répondre à d’immense besoins avec un financement souvent famélique et qui joue pourtant un rôle essentiel, en complémentarité avec l’école, notamment dans la lutte au décrochage scolaire, l’aide aux devoirs, le soutien aux parents d’élèves ou l’accompagnement psychosocial des jeunes en difficulté.

Cela sans parler des problèmes récurrents d’élèves à besoins particuliers laissés pour compte, de pénuries de personnels, d’infrastructures vétustes ou des dérives de la gestion axée sur les résultats.

LA JUSTICE SOCIALE PASSE PAR LA JUSTICE SCOLAIRE

Avec des choix politiques conséquents, l’éducation est un vecteur social majeur d’émancipation individuelle et collective. Or, actuellement, l’institution scolaire ne peut pas jouer ce rôle car elle reproduit, dans son fonctionnement même, les inégalités sociales.

Si autant d’organisations, dont la mission n’est pas essentiellement dédiée à l’éducation, (organismes en santé mentale, en loisirs, en environnement, en soutien à la famille, aux parents d’enfants à besoins particuliers, aux jeunes, de défense des droits, de lutte à la pauvreté, etc.) placent l’éducation dans leurs priorités d’action, c’est parce qu’elles savent que la justice sociale passe par la justice scolaire.

Le contexte politique actuel, qui connait, à l’échelle mondiale, une progression continue et éhontée des inégalités, exige une mobilisation sociale capable d’imposer d’autres choix politiques, orientés vers la justice sociale et environnementale. La rentrée scolaire 2026 sera, cette année encore, inéquitable : peut-on espérer que ce soit pour la dernière fois ?

ORGANISATIONS SIGNATAIRES

Debout pour l’école, Alliance des milieux adaptés de scolarisation du Québec, Alternatives, Association féministe d’éducation et d’action sociale, Association québécoise de la garde scolaire, Centrale des syndicats du Québec – (CSQ), Collectif pour le droit à la scolarisation, Confédération des organismes familiaux du Québec, Confédération des syndicats nationaux, Conseil central du Montréal métropolitain – (CSN), Conseil québécois du loisir, École ensemble, Fédération autonome de l’enseignement – (FAE), Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec – (FTQ), Fédération québécoise de l’autisme, Regroupement des écoles de rues autonomes du Québec, Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec, Regroupement des organismes communautaires québécois de lutte au décrochage, Réseau des Carrefours jeunesse-emploi du Québec, Société québécoise de la déficience intellectuelle.