Lancement du Global Solidarity Against Fascism – Juin 2026

Depuis quelques années, de nombreuses régions de la planète voient une forte montée des idées d’extrême droite et du fascisme. C’est dans ce contexte qu’est née à Montréal l’initiative de créer une plateforme mondiale de résistance stratégique contre le fascisme.

En juin 2025, nous avons pris contact avec des organisations partenaires dans de nombreuses régions du monde afin de leur faire part de nos préoccupations concernant la montée de l’extrême droite et du fascisme, le génocide et le nettoyage ethnique en cours en Palestine, les guerres sans fin menées par l’impérialisme, les inégalités croissantes et la crise climatique. Nous souhaitions également comprendre et déterminer comment rassembler différents mouvements de résistance.

Poussé·es par un sentiment d’urgence, nous avons ressenti le besoin de nous rassembler autour d’une plateforme de résistance stratégique contre le fascisme ; c’est ainsi que nous avons fondé le Global Solidarity Against Fascism (Solidarité mondiale contre le fascisme),

Après une année de réunions préparatoires, nous nous sommes réuni·es à Montréal du 1er au 5 juillet 2026 et avons organisé une série de réunions internes et d’événements publics. La réunion du GSAF à Montréal marque à la fois l’aboutissement et le début d’un processus qui donnera lieu à des analyses, des réflexions et de nouvelles formes d’action collective mondiale.

Afin de mieux comprendre comment les géants de la technologie gagnent en puissance et centralisent le pouvoir en ciblant certaines populations, nous avons décidé d’inviter des camarades de l’Association for Progressive Communications (APC) qui ont su apporter de nouvelles perspectives et stratégies pour mieux soutenir nos luttes.

Nos deux ami·es Palestinien·nes, qui ont vu leur visa d’entrée au Canada refusé – ont participé aux rencontres par visioconférence.

Une charte rédigée par les dix-huit membres fondateurs de GSAF a été adoptée le 2 juin 2026.

Une série d’événements publics a été organisée à Montréal, à Trois-Rivières et à Ottawa afin de nous aider à comprendre le monde d’aujourd’hui à travers les mouvements de résistance qui se mettent en place pour lutter contre l’extrême droite et le fascisme.

LUNDI 1ER JUIN

Une projection du film documentaire « When the Tide Goes Out » d’Ajay Bhardwaj a été organisée en collaboration avec Cinema Politica le 1er juin à 19 h, en présence du cinéaste et chercheur Ajay Bhardwaj. L’œuvre de Bhardwaj explore la relation entre l’esthétique et la subversion, l’art et l’identité, ainsi que l’histoire et la mémoire. « When the Tide Goes Out » met en lumière le patriarcat tenace, bien que caché, qui éclipse la douce force qui anime une lutte syndicale.

MARDI 2 JUIN

Des décennies de néolibéralisme ont engendré une précarisation globale, provoqué des ravages écologiques et fragilisé les conditions mêmes de la démocratie, laissant libre cours à des dérives autoritaires, populistes et fascisantes. Aujourd’hui, toute une constellation d’extrêmes droites gagne du terrain en s’attaquant aux institutions démocratiques, aux libertés civiques, aux droits sociaux, aux personnes migrantes et immigrantes, aux minorités, aux femmes, aux mouvements ouvriers, ainsi qu’aux travailleuses et travailleurs précaires.

Mais alors que la planète s’embrase, les mouvements sociaux continuent de s’organiser et de résister. Si devant le ressac des États, des entreprises et de l’extrême droite, leurs victoires se font parfois discrètes, ce nouveau contexte ouvre des possibilités inédites de mobilisation, d’action et de solidarité.

Le 2 juin, une édition spéciale des Rendez-vous d’Alternatives a réuni quatre membres du GSAF : Herman Kumara (National Fisheries Solidarity Movement – NAFSO/Sri Lanka), Daniel Cara (Campagne nationale pour le droit à l’éducation/Brésil), Magdi El Na’im (Sudanese Human Rights Monitor – SHRM, Soudan/Suède), Aparna Sundar (India Civil Watch International et Mannat) et Helen Dabu (Asia South Pacific Association for Basic and Adult Education – ASBAE/Philippines) — ainsi que Mostafa Henaway (Centre des travailleurs et des travailleuses immigrants – IWC/CTI, Montréal) pour réfléchir à la construction d’une solidarité transnationale contre l’extrême droite et le fascisme.

MERCREDI 3 JUIN : TROIS-RIVIÈRES

Le mercredi 3 juin, le Comité de solidarité de Trois-Rivières (CS3R), en collaboration avec le Conseil central Coeur du Québec-CSN, GSAF et Alternatives a organisé une table ronde à Trois-Rivières sur le thème « L’éducation : un droit pour lequel il faut se battre ! ». S’appuyant sur l’expérience des mouvements pour l’éducation aux Philippines et en Amérique latine, cette rencontre a été l’occasion de réfléchir collectivement aux moyens de défendre et de renforcer le droit à l’éducation dans les régions de la Mauricie et du Centre-du-Québec. L’événement a également accompagné le lancement de la Mosaïque des résistances en dehors de Montréal.

MERCREDI 3 JUIN : MONTRÉAL

Le lancement officiel de la Mosaïque des résistances à Montréal a été marqué par une discussion avec Bill Fletcher (ancien président du TransAfrica Forum et chercheur senior à l’Institute for Policy Studies), Aparna Sundar (chercheuse, membre d’un collectif antifasciste à Toronto et militante au sein de nombreuses organisations de solidarité avec l’Asie du Sud), Kathleen Cole (militante de Minneapolis) et Julie Robillard (coordinatrice du MEPAQC). La discussion a été animée par Aurélie Lanctôt, essayiste et professeure au département de droit de l’UQAM.

JEUDI 4 JUIN

Jeudi soir, une rencontre a été organisée entre des membres de Global Solidarity Against Fascism (GSAF) et des membres de La Mosaïque des résistances. Cette rencontre, qui s’est déroulée autour d’un dîner léger dans nos locaux, a été l’occasion de partager, dans une ambiance conviviale, nos points de vue et analyses respectifs sur la situation actuelle, de mieux comprendre les luttes de nos camarades du Sud et de forger une solidarité transnationale contre l’extrême droite et le fascisme.

VENDREDI 5 JUIN

Le 5 juin, un événement en deux parties s’est tenu à l’Université Saint-Paul, en partenariat avec l’École de leadership, d’écologie et d’équité, l’École de communication sociale et le Centre des travailleurs et des travailleuses immigrants – IWC/CTI.

Intitulé « Défis et opportunités de développement auxquels sont confrontées les organisations de la société civile dans le monde », cet événement a réuni des chercheurs, des étudiants, des organisations communautaires et des dirigeant·es de la société civile de plusieurs pays afin de débattre de questions liées au développement international, à l’immigration, à l’environnement et aux droits de la personne. Les tables rondes ont accueilli des membres du GSAF venu·es du Brésil, de l’Équateur, des Philippines, du Sri Lanka et du Soudan.