Ensemble pour le climat

© Alex Bédard

Description

Au Canada, c’est l’ensemble du système, autant le colonialisme de peuplement («settler colonialism»), le processus continu de dépossession et tout le paradigme économique, qui est en contradiction avec la véritable action pour le climat qui est souhaitable et urgente à faire.

Les luttes autochtones sont des voix qui ouvrent la voie, en première ligne de la défense de l’environnement et du climat. L’industrie extractive et de l’exploitation des ressources fossiles, qui enfreignent constamment la souveraineté des nations autochtones par la spoliation de leurs territoires, sont aussi liées à la répression et la criminalisation des militants autochtones, protecteurs de l’eau et des protecteurs de la Terre. Comme le témoigne l’exemple récent de répression à l’encontre de membres de la Première Nation Wet’suwet’en qui manifestent pacifiquement pour protéger leurs territoires et s’opposent au projet de gazoduc Coastal GasLink.

Dans la continuité de son travail depuis 25 ans, Alternatives a toujours cru que les réponses pour la défense des écosystèmes et de la biodiversité se trouvent dans les relations de solidarité entre les mobilisations autochtones et les allochtones. Plusieurs activités que nous avons réalisées se sont inscrites dans la nécessité d’établir des liens plus forts. Ayant historiquement soutenu plusieurs initiatives facilitant la rencontre entre autochtones et allochtones (notamment le Forum social des peuples en 2014, l’Assemblée des mouvement sociaux sur les changements climatiques à Kanesatake en 2014, et le Forum Action Climat à Québec les 11-12 avril 2015), Alternatives souhaite travailler sur la possibilité de construire davantage de ponts entre les communautés autochtones mobilisées pour le climat et différents organismes et collectifs écologistes et militants du mouvement pour le climat, dont les jeunes grévistes étudiants, face au défi international autour de l’enjeu climatique qui affecte chacun d’entre nous.

Indéniablement, les jeunes sont au premier plan pour faire bouger le débat public, sensibiliser à l’action et générer des idées pour faire face à l’urgence climatique. Ainsi il faut supporter leur initiatives et l’importance des voix de la jeunesse dans l’agenda pour la mobilisation environnementale. Le projet vise à soutenir les jeunes participant·es dans leur engagement dans le contexte de l’action pour le climat et les doter d’outils pour développer leur expérience et leur leadership.

De plus, il est nécessaire d’interroger le rôle des personnes allochtones et les pousser à être des allié·es avec les autochtones dans la construction des mobilisations pour le climat, à partir de la prise en compte, la considération et la (re)connaissance des enjeux, réalités et spécificités vécus par les autochtones. De même, les sciences et savoirs autochtones ont beaucoup à dire et un rôle important à jouer dans la manière dont nous abordons collectivement les questions reliées aux changements climatiques.

Une posture décoloniale pour guider une lutte pour le climat, la vie et la Terre Mère s’exprime à travers des choix, des prises de position et des pratiques non seulement pour se mobiliser face à l’urgence climatique mais également face à l’urgence de la décolonisation des relations entre autochtones et non-autochtones.

L’objectif est alors de réfléchir ensemble pour identifier les liens étroits entre crise climatique, capitalisme, le mode de surdéveloppement économique et pratiques colonialistes et d’oppression systémique (l’exploitation, la violation des droits territoriaux, la violence contre les femmes, etc.), engager la solidarité entre autochtones et allochtones et élaborer ensemble une autre manière de co-imaginer et co-construire des actions collectives pour éveiller les consciences. Le projet Ensemble pour le climat souhaite répondre à ces besoins. 

Ce programme a pour objectif de : – créer des espaces de rencontres et d’échanges entre jeunes autochtones et allochtones qui ont à coeur la lutte pour le climat (soit des jeunes leaders qui sont déjà mobilisés sur cette question ou qui ont envie de devenir leaders de la lutte pour le climat); – rendre plus visible et audible le point de vue des peuples autochtones sur les répercussions des changements climatiques et les solutions à y apporter;
– renforcer la connaissance mutuelle des enjeux environnementaux dans un esprit de décolonisation;
– créer des liens de solidarité solides et durables pour la lutte pour le climat et contre les projets destructeurs de l’environnement (industrie forestière, industrie extractive et d’exploitation et transport des combustibles fossiles).


Le programme Ensemble pour le climat est un partenariat d’Alternatives et le Réseau jeunesse des Premières Nations du Québec et du Labrador.

Le programme d’activités qui a eu lieu en septembre 2019 s’est développé et a été co-organisé en association avec de nombreux partenaires (La Planète s’invite au Parlement, La Planète s’invite à l’Université, Greenpeace Québec, Projet de la réalité climatique Canada, la Fondation David Suzuki, Idle No More Québec et le Sierra Club Québec).

En premier lieu, un programme d’activités réalisé en septembre 2019 :

  • Deux journées de formation, Rassemblement « Ensemble pour le climat!» (25 et 26 septembre 2019 – toute la journée)

Dans le contexte de l’appel international à la grève et à la manifestation mondiale contre la crise climatique le 27 septembre 2019, Alternatives a co-organisé deux journées de formation les 25 et 26 septembre, le rassemblement « Ensemble pour le climat  ». Deux journées de formation qui ont permis de prendre le temps de créer des espaces de rencontres et d’échanges entre jeunes autochtones et allochtones mobilisé·es pour le climat. La formation a été axée sur le développement de compétences et de connaissances en leadership, dans un esprit de partage, nécessaires pour faire face à la crise climatique. Au total, 30 jeunes autochtones et allochtones âgés entre 18 et 35 ans ont répondu à un appel à candidatures diffusé par tous nos partenaires. Du côté des Premières Nations, ce sont 15 jeunes provenant de plus de dix communautés différentes qui ont participé.

Détails :  https://www.facebook.com/events/375435516478336/

  • Soirée publique – Voix autochtones pour le climat
    (25 septembre,  19h)
La lutte pour protéger les territoires autochtones du dérèglement climatique, la contamination qui affecte l’eau et l’air, de même que de l’industrie extractive et de l’exploitation des ressources fossiles, continue de faire rage dans le monde entier. Comment aborder la crise climatique du point de vue des droits des autochtones ? Comment faire en sorte que des liens de solidarité renforcent notre lutte commune pour le climat ? Il s’agissait d’une soirée pour connaître les communautés autochtones dans leurs batailles locales et globales et réfléchir ensemble à comment agir en solidarité.
 
Animation :
Isabelle L’Héritier, Chargée de mobilisation, Greenpeace Canada, Montréal
 
Marjolaine McKenzie, Coordonnatrice des opérations,  Réseau Jeunesse des Premières Nations du Québec-Labrador
 
Détails et liste des invité·es : https://www.facebook.com/events/3049576428391720/
 
  • Contingent à la grande manifestation (27 septembre)

Le 27 septembre 2019, des citoyens de partout sur la planète ont fait la grève pour s’opposer à l’inaction de nos gouvernements devant la catastrophe climatique imminente. La société québécoise figure parmi les sociétés les plus mobilisées au monde sur la situation climatique. La marche pour le climat du 27 septembre a été  historique : 500 000 personnes étaient dans les rues de Montréal.

La délégation de trente participants autochtones et allochtones ayant participé à la formation «Ensemble pour le climat» ont ouvert la manifestation sous une grande banderole commune, réalisée dans le cadre du projet par l’artiste anishinaabe Rachel Thusky-Cloutier, et réuni·es sous le slogan « Au front pour la Mère terre, To the front lines for Mother Earth ». Au milieu d’eux·elles, se trouvait Greta Thunberg, jeune militante suédoise et initiatrice du mouvement « Fridays for future », qui était à Montréal dans le cadre de cette Journée mondiale de mobilisation.

Impacts de ce projet