Laboratoire sur les droits en ligne et les technologies alternatives

© Alex Bédard

Description

Pour le meilleur et pour le pire, les technologies numériques et de l’Internet sont de plus en plus partie prenante de nos rapports sociaux, mais aussi politiques.   

Allant des dommages à notre vie privée par quelques géants (les GAFAM pour Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft), aux violences en ligne, en passant par les risques de dérives du capitalisme de surveillance de masse et les technologies de la reconnaissance faciale utilisées par la police, susceptibles d’exacerber le racisme systémique, jusqu’aux impacts des grandes compagnies technologiques sur l’avenir des villes, qui transforment les quartiers où elles s’installent, contribuant ainsi au phénomène de gentrification, à tous les niveaux, les exemples ne manquent pas pour illustrer que les préoccupations quant à la protection du bien commun, des principes démocratiques, de l’égalité et des droits humains sont intrinsèquement liées aux enjeux du numérique.

D’autre part, une résistance numérique s’organise sur les médias sociaux ainsi qu’au plan du développement d’infrastructures alternatives. Qu’il s’agisse de logiciels ou d’applications conçues pour les militant·es (courriels, listes de discussion, chiffrement, applications, etc. ) ou bien de logiciels et technologies dites libres (free and open-source software — F/OSS) : nombreuses sont les technologies qui existent depuis très longtemps et qui visent à créer des espaces et des outils plus libres et plus émancipateurs.

C’est pourquoi Alternatives s’intéresse de près et développe des projets et des programmes sur la question des technologies et d’Internet, depuis ses tout débuts. Comment les mouvements progressistes de gauche peuvent-ils s’approprier des technologies pour amplifier les luttes pour la justice sociale ? ; comment peuvent-ils être outillés suffisamment ou adéquatement pour surveiller les décisions quant aux régulations autour de l’usage des technologies et d’Internet et dénoncer les problèmes qui se posent ? : voilà le type de questions qui ont animé notre travail jusqu’à maintenant. Et encore, nous cherchons à identifier et trouver les moyens pour que la société civile s’empare de ces questions.

Plus récemment, la pandémie, avec notamment le télétravail et le confinement, a mis en lumière un panorama de vulnérabilités, à une échelle vaste ; alors que les inégalités se creusent, comme le témoigne la fracture numérique, l’attractivité des plateformes d’agrégation et de partage des géants du Web gagnent du terrain à hauteur de leur empressement à faire du profit.

Face aux besoins d’engagement sur les enjeux du numérique, ce projet vise la mise sur place d’une institution de recherche et d’action ayant pour objectif principal de produire des recherches et des outils à l’intersection de la technologie, de l’activisme politique et de la réflexion critique. Le Laboratoire sur les droits en ligne et les technologies alternatives (Lab-Delta) se distingue par son approche pour un Internet libre, démocratique et accessible à toutes et veut être le premier « think tank» progressiste et francophone sur les enjeux du numérique. Le Lab-delta souhaite aussi devenir un lieu d’expérimentation pour l’engagement communautaire et l’adoption d’outils, de compétences et nouvelles pratiques numériques militantes afin que les technologies soient au service du développement d’une société axée sur la justice sociale, le respect des droits et de l’égalité.

Ce projet poursuit comme objectif principal de créer un institut de recherche et ­d’action portant sur les ­enjeux de ­gouvernance d’Internet et des droits humains dans ­l’univers numérique, notamment les droits des femmes et des ­personnes ­minorisées.

En particulier, les travaux et outils développés par le Lab-Delta visent l’étude et l’analyse des enjeux de l’exercice et la promotion des droits humains dans l’univers numérique et les débats soulevés par le développement des infrastructures Web et de la gouvernance d’Internet. De plus, le projet vise à encourager différents publics, notamment les jeunes de niveau postsecondaire et les personnes impliquées dans des organismes, collectifs et organisations de la société civile québécoise et de la francophonie canadienne, à s’engager et se mobiliser sur ces enjeux.

Finalement, le Lab-Delta vise à avoir un impact dans le débat public et entend participer au développement de meilleures synergies aux niveaux national et international sur les questions soulevées par le développement des infrastructures Web et de la gouvernance d’Internet.

Le projet est réalisé en partenariat avec l’Université de Montréal, qui est responsable de l’axe recherche, dirigé par Stéphane Couture, professeur adjoint de la Faculté des arts et des sciences (Département de communication).

Le projet est réalisé avec le soutien financier de l’Autorité canadienne pour les enregistrements Internet (ACEI).

Le projet se décline en plusieurs axes : recherche, mobilisation et outils. Le projet comprend la diffusion d’un sondage exploratoire et la réalisation d’entretiens afin de mieux comprendre les pratiques, les besoins et les préoccupations des groupes de base de la société civile québécoise francophone sur les enjeux du numérique. L’axe recherche inclut également la production de rapports. En 2021, diverses activités et outils de mobilisation sont prévus, incluant la mise en ligne d’un agent conversationnel (un chatbot) dans un cadre d’expérimentation créatrice dans les domaines croisés de l’art et de la technologie, en dehors des canaux traditionnels d’activisme. Il y aura aussi la tenue d’ateliers-webinaires portant entre autres sur l’infrastructure et la gouvernance d’Internet, les inégalités numériques et les violations de droits en ligne. Les outils à produire dans le cadre du projet contiennent également la conception de réalisations audiovisuelles visant la diffusion d’information et le développement de réflexions critiques sur les technologies numériques et les questions qu’elles soulèvent.

À venir

  

Impacts de ce projet