Autonomisation des femmes et des filles du secteur informel au Honduras

© Alex Bédard

Description

Alors que plus d’une personne sur quatre parmi la population active est touchée par le chômage, le travail informel est répandu, surtout parmi les femmes et les jeunes. Selon l’Organisation internationale du travail (2009), la part de l’emploi informel dans les activités non agricoles touche 58,3 % de la population active.

Comme d’autres pays d’Amérique centrale, l’exclusion économique frappe davantage les femmes que les hommes. En 2011, d’après des données de l’Institut national de la statistique du Honduras (Instituto Nacional de Estadísticas), seulement 1 221 543 de femmes exercaient une activité économique parmi les trois millions en âge de travailler.

Cette grande précarité économique pousse donc plusieurs d’entre elles à intégrer l’économie informelle, même si le travail est généralement faiblement rémunéré, qu’il offre peu ou pas de protection sociale et souffre d’une gouvernance médiocre. Le travail informel se situe le plus souvent dans de petites entreprises ou des entreprises familiales ; il concerne la vente ambulante, la vente de biens de premières nécessités, la réparation, d’activités agricoles à dimension familiale et la prestation de services. En outre, les modalités de production, de transformation et de commercialisation n’assurent pas un salaire pour le moins équivalent au salaire minimum légal. Au moment d’intégrer l’emploi, elles n’ont souvent aucune compétence dans le domaine et se retrouvent donc le plus souvent au bas de l’échelle du secteur informel, là où le travail décent se fait plus rare. L’absence de soutien financier, un accès limité à la technologie et le manque de certaines compétences et connaissances sont d’autant d’obstacles à la formalisation de ce travail.

Afin d’atteindre un « renforcement de l’autonomisation des femmes et des filles âgées de 15 à 40 ans qui travaillent dans le secteur informel des zones périurbaines et rurales », le projet envisage deux résultats complémentaires, soit :

  • L’accroissement des débouchés économiques dignes, décents et productifs pour environ 2500 femmes et filles qui travaillent dans le secteur informel des zones périurbaines de Cortes et de Santa Barbara.
  • L’augmentation du pouvoir d’action des femmes, des filles et de leurs collectivités afin d’éliminer la violence, la discrimination et les autres formes de maltraitance infligées aux travailleuses de l’économie informelle.

Depuis 2009, Alternatives, en partenariat avec la Confédération des syndicats nationaux (CSN, Québec), la Central de Unica dos trabalhadores (CUT/Brésil), la Eusko Langileen Alkartasuna (Ela/syndicat basque) et la Centrale syndicale des Amériques (CSA) travaillent au renforcement des capacités de quatre partenaires de la région : la CUTH (Honduras), la Central Sandinista de Trabajadores du Nicaragua (CST), Madre Selva (Guatemala) et le CEICOM (Salvador) afin d’améliorer le cadre juridique du droit du travail et de défendre les droits socioéconomiques, culturels et environnementaux des populations marginalisées. Les liens de solidarité créés à l’échelle de la région avec différents partenaires syndicaux, les populations autochtones, les groupes environnementaux et les groupes de femmes favoriseront le partage d’expériences, élargiront les réseaux de soutien au projet et renforceront le plaidoyer international contre le féminicide.

Au Honduras, Alternatives travaille avec la CUTH et la FOTTSIEH

Au cours des dernières années, la FOTTSIEH a notamment signé des ententes collectives avec les municipalités sur l’établissement de trois places publiques à San Pedro Sula, l’utilisation d’un terrain pour la construction d’un nouveau marché public et le retour d’ouvriers de culture artisanale du sable de Santa Rita à leur lieu de travail près de la rivière. L’organisation a également collaboré.

Mission de démarrage du projet (du 7 au 14 novembre 2019)

Impacts de ce projet