Contrer l’insécurité alimentaire à Port-au-Prince

© Alex Bédard

Description

Haïti a l’un des niveaux d’insécurité alimentaire chronique les plus élevés au monde, avec plus de la moitié de sa population touchée et 22 % des enfants souffrant de malnutrition chronique.

L’un des problèmes les plus urgents pour les quartiers les plus pauvres de Port-au-Prince est la malnutrition infantile, une conséquence de la dénutrition chronique qui a été aggravée par l’ouragan Matthew en 2016. L’APROSIFA (Association pour la promotion de la santé intégrale de la famille) a créé un centre de récupération nutritionnelle pour les enfants en situation de dénutrition et leurs mères dans le quartier Carrefour-Feuilles à Port-au-Prince. En plus des services offerts en récupération nutritionnelle, le centre offre des ateliers en nutrition infantile, en agriculture urbaine et en art-thérapie. Il vise à améliorer la qualité de vie du quartier en créant un sentiment de communauté et de confort pour les mères qui sont pour la plupart âgées de 15 à 25 ans.

Malgré les efforts de l’équipe d’Aprosifa, des centaines d’enfants continuent d’avoir besoin de soins nutritionnels urgents. Le plus grand défi pour le programme a été le contexte politique où les retards administratifs et l’ouragan Matthew l’ont empêché d’établir une base solide qui assurerait sa durabilité et son impact à long terme pour la communauté. Alternatives et l’Aprosifa son dans la 2e phase du projet, l’expansion des projets de soins nutritionnels et d’agriculture urbaine s’accompagne d’un effort pour obtenir des partenariats avec le gouvernement haïtien afin de garantir la pérennité des impacts du programme.

Le projet a été lancé en 2015 dans le but principal de lutter contre la malnutrition infantile dans le quartier de Carrefour-Feuilles à Port-au-Prince. Il a utilisé une approche holistique qui encourage la participation des mères, de leurs enfants et d’autres acteurs importants à prendre en charge la lutte contre la malnutrition infantile. Durant la première phase du programme, le projet a touché 500 enfants dénutris et 350 mères, bénéficiant indirectement à environ 10 000 familles de Port-au-Prince grâce à des efforts d’intervention et de participation dans la communauté. Il a également lancé un projet d’agriculture urbaine pour aider à améliorer la qualité de vie des familles du quartier.

Le projet est dans sa deuxième phase, qui vise à étendre les efforts d’intervention à 700 enfants souffrant de dénutrition et à 200 femmes supplémentaires. De plus, cette seconde phase vise à renforcer l’éducation à l’agriculture urbaine que la phase précédente avait commencé à mettre en place. En plus du développement des initiatives précédentes, cette phase vise à consolider un partenariat avec le ministre haïtien de la Santé publique afin de rendre la clinique Aprosifa plus durable grâce à l’intégration de médecins permanents à la clinique.

L’Association Pour la Promotion de la Santé Intégrale de la Famille (APROSIFA) est une organisation haïtienne fondée en 1993 œuvre dans le domaine de la santé maternelle et infantile. se concentre sur les soins maternels et infantiles en développant dans ses programmes une approche de proximité où des liens solides sont tissés avec des structures locales traditionnelles.  Depuis 2010, l’Aprosifa a répondu au problème de l’insécurité alimentaire des femmes et des enfants en Haïti en développant des ateliers d’art-thérapie, des projets d’agriculture urbaine et des programmes de réhabilitation pour les femmes victimes de violence.

Le programme a mis en œuvre une série d’activités génératrices de revenus pour les mères qui acquièrent des compétences et des connaissances pour développer des moyens de subsistance durables. Les ateliers comprenaient la pratique de l’agriculture urbaine dans le jardin modèle du centre, des conseils pour répondre aux besoins nutritionnels quotidiens ou pour trouver d’autres sources de revenus comme la commercialisation de produits agricoles urbains ou la fabrication de produits à partir de matériaux recyclés. Pour ces jeunes mères, l’acquisition de nouvelles compétences et connaissances a donné des résultats positifs, car elles ont acquis la capacité de fournir une alimentation adéquate à leur famille sans réduire leur propre consommation.

Impacts de ce projet